Le Robin des bois qui voulait peupler le village gaulois

31 janvier 2024 à 10h15

Pierre-Étienne Daignault est, à l’instar de Robin des bois, le défenseur du peuple. Certainement pas en volant aux riches pour donner aux pauvres car il est avocat-directeur de la clinique juridique de Prescott et Russell qui est située au 352 rue Main Ouest à Hawkesbury.

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André Goyette

IJL – Réseau.Presse – Le Régional

 

 Monsieur Daignault était l’invité du plus récent café du maire qui s’est tenu à la maison de l’île du Chenail le vendredi 26 janvier dernier. Le thème de son allocution : « L’éléphant dans la pièce ».

L’éléphant dans la pièce, ou la chose qu’on ne veut pas voir, c’est le déclin de la francophonie en Ontario : « Le Canada français est en déclin depuis 25 ans. On ne fait plus d’enfants. Nous en sommes à 3% de francophones en Ontario et ça baisse. »

Monsieur Daignault nous laisse à peine une pause pessimiste qu’il ajoute qu’il y a quand même un espoir : « Puis viennent des nouveaux arrivants qui parlent français et qui ont des enfants. Ils utilisent nos écoles, nos services, achètent des maisons, s’installent ici et s’intègrent dans nos milieux de travail et dans nos vies. Ils prennent une place essentielle chez les Franco-Ontariens. Le projet de communauté francophone accueillante fonctionne. Que des gens de partout joignent notre communauté c’était notre vision et ça marche, on le voit! »

Il est à propos de mentionner que la clinique juridique de Prescott et Russell a deux mandats. L’un est la défense des droits des gens défavorisés, par des conseils juridiques et la représentation à la Cour de justice. L’autre mandat est la défense de la francophonie en Ontario.

Maître Daignault est membre du Barreau du Québec et de l’Ontario depuis 2002. Franco-Ontarien par conviction, il fut du comité qui a initié la venue du projet CFA à Hawkesbury (Communauté Francophone Accueillante).

Pour lui il ne fait aucun doute que Hawkesbury est devenue, avec la ville de Hearst, un village d’irréductibles Gaulois comme dans les aventures d’Astérix. Un village que monsieur Daignault veut peupler : « Le gouvernement canadien offre une immigration francophone de 2,5%. Pourquoi? Nous en voulons beaucoup plus. Le Nouveau-Brunswick demande 30 % et nous voudrions seulement 2,5%? Faudrait beaucoup plus! »

Il manque cependant quelques ingrédients à la potion magique. L’un d’eux est le manque de logement. Une situation qui a soulevé les passions lors des discussions à ce café du maire. La situation est complexe et la politique s’en mêle.

Monsieur Daignault a rappelé un rapport de 2013 sur la situation du logement : « Le rapport disait qu’on s’en allait dans le mur, et il n’y a pas eu beaucoup de construction depuis… Les options pour les nouveaux arrivants sont minces. C’est un enjeu important car sans place où habiter ils vont simplement partir et s’établir ailleurs. Il n’y a pas de solution facile mais c’est possible. Il faudrait changer les règlementations. »

Le maire de Hawkesbury a mentionné être à l’écoute des besoins et des suggestions, tout en rappelant que le territoire de Hawkesbury est enclavé, qu’il n’y pas d’espace d’expansion, pas de terrains à offrir aux promoteurs. Il dit cependant être optimiste et vouloir négocier avec les voisins.

La deuxième problématique de rétention des nouveaux arrivants francophones est liée à la connaissance de la langue anglaise. Monsieur Daignault déplore avec tristesse que plusieurs n’ont pas été prévenus de l’importance de l’anglais dans les milieux de travail.

L’avocat-directeur de la clinique juridique a le superlatif facile lorsqu’il parle des nouveaux arrivants : « Nous avons attiré des superstars! Des gens hyper qualifiés et compétents dans leur domaine. »

Le prochain café du maire servira peut-être un peu de potion magique pour stimuler les Gaulois.

 

 

 

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(Crédit/Photo : André Goyette/ Le Régional)