Cornwall veut renforcer son bilinguisme

16 février 2024 à 09h56

La Ville de Cornwall amorce une révision de sa politique sur les services bilingues pour la première fois depuis 2008.

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Charles Fontaine

IJL – Réseau.Presse – Le Droit

 En septembre dernier, le maire Justin Towndale avait demandé un portrait des services offerts par la Ville de Cornwall aux communautés francophones.

 Le rapport préparé au cours des derniers mois a permis de dresser l’état des lieux ainsi que formuler des recommandations.

 Ces dernières ont été adoptées à lunanimité par les élus, mardi soir, lors de la réunion du conseil municipal et visent à améliorer le bilinguisme sur son territoire.

 En tête de liste, on souligne quune offre active de service en français devrait être offerte aux résidents, contrairement à la réalité actuelle.

 Le rapport recommande également que les futurs postes vacants dans les secteurs des ressources humaines et du développement économique soient occupés par des personnes bilingues, «car ces secteurs traitent et tentent dattirer de nouveaux résidents dans la région».

 Cet aspect inquiète certains conseillers.

 «Ce serait dommage de devoir refuser une personne compétente au développement économique parce quelle ne parle pas français», a dit le conseiller Dean Hollingsworth à la réunion mardi. Je suis daccord d’être inclusif, mais dans ce secteur, il y a beaucoup de dossiers importants qui ne nécessitent par le bilinguisme. Cest un bon atout, mais ce nest pas nécessaire.»

 À cet effet, notons quune mise à jour des postes désignés «bilingue» sera effectuée dici la fin de 2024.

 «Les obligations sont en lien avec le fait que la personne interagit avec le public, a clarifié le directeur général de la Ville, Mathieu Fleury. Est-ce que la personne peut parler en français quand un résident se présente? Cest ce qui est le plus important.»

 Parmi les autres mesures identifiées, le rapport indique quil faudrait rendre disponibles les ordres du jour, les procès-verbaux et les rapports des réunions du conseil dans les deux langues officielles.

 Des cours de français aux employés anglophones pourraient être offerts à la municipalité même.

 Pas vers lavant

 Le conseiller francophone Fred Ngoundjo se réjouit du pas vers lavant de la municipalité pour améliorer son bilinguisme.

 «Ça représente une marque de respect pour nos résidents, mais nous avons encore beaucoup à faire, a-t-il insisté. Ça renforcera lidentité de la ville.»

 Il est toutefois déçu que la politique actuelle ne soit pas respectée.

 «Le fait que la politique ait trop souvent été ignorée prouve quil ny a pas eu un suivi normal effectué, a-t-il déploré. Je doute que certains des départements aient même connaissance de cette politique. Cest un outil que la Ville possède depuis longtemps; il faut veiller à son application.»

 Réalité actuelle

 Le récent rapport préparé par la municipalité permet de constater que parmi les 925 postes à la Ville, 46,13 % des employés sont en mesure doffrir des services en français.

 Un examen des 19 postes désignés «bilingues» divulgue quun de ceux-ci nest pas assuré par une personne bilingue.

 «Bien que nous croyions que de nombreux éléments de communication reçus en français sont traités en français, il est difficile de sassurer que cela se fait dans tous les secteurs de la Ville et par chaque employé responsable de la communication», écrit la greffière Manon Levesque.

 Par ailleurs, on apprend que le bilinguisme nest pas complètement respecté en ce qui a trait aux panneaux publics permanents liés aux services et aux infrastructures municipales, ainsi que les panneaux relatifs à la sécurité publique.

 Consultations avec les francophones

 La Ville mènera des discussions avec la communauté francophone quant aux résultats de ce rapport et à leurs préoccupations.

 «Pour linstant, ce nest quun portrait de la situation, clarifie Mathieu Fleury. Il est important de demeurer aux aguets des réalités des francophones. On va utiliser leurs rétroactions pour voir comment mieux aligner les services de la Ville avec leurs besoins.»

 M. Fleury mentionne que le sommaire des discussions avec la communauté francophone sera publié au cours des prochains mois.

 De son côté, lAssociation canadienne-française de lOntario, Stormont, Dundas et Glengarry (ACFO SDG) accueille positivement cette mise à jour.

 «Cest une première étape, souligne la directrice des communications, Sonia A. Behilil. Cest une démarche quon encourage. Si toutes les municipalités sengagent dans le même processus, on serait très heureux. On est conscient de lampleur du travail qui reste à faire.»

                                                                                                                                                   -30-

(Crédit/Photo : Le Droit / Archives)